Google fournit une base de données de 3000 deepfakes pour lutter contre ce phénomène Google fournit une base de données de 3000 deepfakes pour lutter contre ce phénomène

Google fournit une base de données de 3000 deepfakes pour lutter contre ce phénomène Le spectre des deepfakes hante le spectre des prochaines élections présidentielles américaines. © Google

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Le spectre des deepfakes hante les prochaines élections présidentielles américaines de novembre 2020. En effet, ces trucages vidéos plus vrais que nature sont très difficiles à détecter et représentent un vrai danger pour l’intégrité de l’information en période électorale. Sans de grandes connaissances techniques, il est possible à partir d’un échantillon limité d’imiter le visage et la voix de n’importe qui. Google a bien compris cette problématique et a décidé d’agir.

Fournir du contenu à la recherche universitaire

Le 24 septembre 2019, le géant du numérique a mis à disposition un set de données contenant 3000 deepfakes à destination des chercheurs spécialisés dans leur détection. Ainsi, ils pourront entraîner leurs outils plus facilement.

Pour créer cet ensemble, Google a filmé des acteurs avec leurs consentements et en les rémunérant. Il promet également de nourrir régulièrement cette base pour suivre l’évolution rapide des technologies dans ce domaine. Cette dernière a été intégrée à « FaceForensics benchmark », un programme de détection de vidéos manipulées conçu par l’université technique de Munich et l’université Federico II de Naples.

Les exemples fleurissent sur la toile

Donald Trump accusant Barack Obama de viol, l’ancien président des Etats-Unis traitant son successeur de « connard » ou encore Mark Zuckerberg prenant une drôle de position sur la vie privée… ces exemples fleurissent sur la toile. Et les deepfakes peuvent aller encore plus loin, jusqu’à la pornographie par exemple. Courant automne 2017, une vidéo met par exemple en scène de cette manière l’actrice britannique Daisy Ridley sur le site communautaire Reddit. On comprend aisément les préjudices qui peuvent découler d’une telle situation.


Une initiative similaire lancée par Facebook

Une initiative similaire a été lancée, le 6 septembre 2019, par Facebook, Microsoft et plusieurs universités prestigieuses. Le réseau social a commissionné la création d’un set de données qui a été mis à la disposition de chercheurs puis a lancé un concours de détection de deepfake avec à la clé 10 millions de dollars de prix. Dans le viseur de ces acteurs : les prochaines élections américaines de novembre 2020.


Les élections à l’épreuve d’internet

Les élections représentent de manière générale une période propice à la circulation de fausses informations sur Internet, au risque d’influencer le scrutin. Les deepfakes, une création récente, n’ont pas encore été utilisés dans ce cadre, mais les géants technologiques américains veulent anticiper ce cas de figure.

Lors la campagne présidentielle américaine de 2016, l’état de santé d’Hillary Clinton avait été mis en doute à grands coups de rumeurs et de montages. Déclenchée par Donald Trump et savamment alimentée par la chaîne américaine Fox News, la rumeur courrait que la candidate démocrate était gravement malade. Une affirmation totalement fausse.

Certains Etats d’outre-Atlantique ont commencé à construire un arsenal législatif autour de cette problématique. Le 2 juin 2018, la Virginie a interdit les deepfakes – estimant qu’ils faisaient partie du « revenge porn » – rentrant ainsi dans le cercle très fermé des territoires ayant adopté une telle loi.

Une législation anti deepfakes aux Etats-Unis

Selon le site américain The Verge, le Texas se serait dotée d’une législation « anti-deepfakes » spécialement pour les prochaines élections. Cette dernière est entrée en vigueur le 1er septembre 2019.

De son côté, l’Hexagone ne s’est pas encore doté d’une législation spécifique aux deepfakes. Un premier pas a tout de même été franchi avec la loi du 22 décembre 2018 relative à la lutte contre la manipulation de l’information. Concrètement, ce texte a créé une nouvelle voie de référé visant à faire cesser la diffusion de fausses informations dans les trois mois précédant un scrutin national. Une fois saisi, le juge doit apprécier, sous 48 heures, si ces données sont diffusées « de manière artificielle ou automatisée » et « massive ».