« Le lancement de nouvelles villes fait partie du focus de croissance sur la France », Antoine Lieutaud, Kapten « Le lancement de nouvelles villes fait partie du focus de croissance sur la France », Antoine Lieutaud, Kapten

Le lancement de nouvelles villes fait partie du focus de croissance sur la France, Antoine Lieutaud, Kapten « Le lancement de nouvelles villes fait partie du focus de croissance sur la France », Antoine Lieutaud, Kapten © Kapten

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L’Usine Digitale : Lisbonne, Porto, Genève, Lausanne et maintenant Londres. Kapten s’est implantée dans plusieurs villes d’Europe depuis septembre 2018. Pour avoir choisi ces villes ?

Antoine Lieutaud : Aujourd’hui, quand on cherche à s’implanter dans une ville en Europe, on regarde sa taille mais également la facilité pour s’y installer et la réglementation en vigueur : toutes les villes d’Europe ne sont pas propices au lancement de l’activité VTC. Lisbonne était une ville très favorable lorsqu’on s’est lancé. C’est une ville qui se redynamise et sur laquelle on a repéré un potentiel de croissance assez évident. Et il n’y avait pas énormément d’acteurs quand on s’est lancé. Aller sur un marché où il y a déjà beaucoup d’acteurs, c’est beaucoup plus compliqué et coûteux. Pour résumer on regarde trois choses : le dynamisme de la ville, la réglementation et la concurrence qui est installée.

Quelques mois après le lancement, comment se situe Kapten sur le marché du VTC à Lisbonne et à Londres ?

A. L. : Ce sont deux marchés différents. Quand on s’est lancé à Lisbonne, il y avait déjà deux concurrents de renom : Uber et Txfy (devenu Bolt, NDLR). Cabify, lui, est positionné sur un segment très premium. Kapten a assez rapidement pris la place de numéro deux.

A Londres, il y a plusieurs acteurs. Mais en gros acteur du VTC, il n’y a vraiment qu’Uber. On a eu la chance de se lancer un peu avant les autres puisque Bolt nous a suivis quatre semaines après notre lancement. On peut prétendre à une place de numéro deux, mais il n’y a pas un challenge aussi gros qu’en arrivant à Lisbonne. Par contre, le chemin pour atteindre une taille conséquente par rapport à Uber est beaucoup plus long car c’est un marché qui est énorme et qui fait à peu près 2,5 fois celui de Paris…
 

Lille devient une candidate intéressante

D’autres lancements sont-ils prévus dans de nouvelles villes ? En France notamment…

A. L. : Le lancement de nouvelles villes fait partie du focus de croissance sur la France. Par exemple, on s’intéresse à des villes comme Lille et Bordeaux. Pourquoi ces villes-là ? Toujours les mêmes contraintes de réglementation, de dynamisme et de taille. Maintenant, ce qui rentre également dans l’équation, ce sont les synergies qu’on peut créer avec les autres villes qu’on a lancées. Si on regarde le dynamisme et la taille du marché, on pourrait penser que Bordeaux est peut-être la future ville à lancer. Mais, maintenant qu’on est installés à Paris et à Londres, Lille devient une candidate intéressante parce qu’on pense qu’il est possible de bénéficier de l’effet de volume qu’on a déjà créé à Paris et à Londres. Pour ce qui est du reste de l’Europe, plusieurs villes sont à l’étude dont Amsterdam. Rien n’est gravé dans le marbre pour l’instant.

Dans le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), un article oblige les plateformes de VTC et de livraison à indiquer le prix de la course et le trajet à l’autoentrepreneur avant qu’il ne l’accepte. Que pensez-vous de cette obligation ?

A. L. : C’est normal de faire ce type de demande et qu’un chauffeur ait envie de connaître le prix de sa course et la distance à laquelle elle se trouve avant de l’accepter. Si la loi est votée, évidemment qu’on donnera ces informations. Mais on aimerait discuter des dérives que cela peut entraîner.

On sait que les chauffeurs qui font le meilleur chiffre d’affaires et qui ont la meilleure rentabilité, ce sont les chauffeurs qui acceptent toutes les courses. Maintenant on peut comprendre qu’une fois qu’on affiche ces informations (de prix et de lieu, NDLR), ce soit tentant pour un chauffeur de choisir ses courses. La petite crainte qu’on pourrait avoir, et que le grand public devrait avoir, c’est que les chauffeurs choisissent leurs courses et qu’on se retrouve dans une situation où les temps d’attente sont plus longs pour les petites courses et qu’on ne trouve pas systématiquement de chauffeur. On réfléchit donc à plusieurs idées afin d’inciter les chauffeurs à prendre ces courses pour que l’expérience client ne soit pas impactée.

Si cette obligation n’est pas votée, pourriez-vous ajouter cette fonctionnalité dans votre app ?

A. L. :  Avant que cela ne soit discuté d’un point de vue réglementaire, on l’envisageait déjà. C’était une demande de nos chauffeurs et on souhaitait récompenser les chauffeurs qui ont de très bonnes notes et sont les plus fidèles en leur donnant accès à cette information.

Dans la stratégie de croissance […] on vise la banlieue

L’opérateur de trottinettes électriques en libre-service Hive est une marque de Free Now, une des divisions mobilité créée par Daimler et BMW. Même si Hive a quitté temporairement Paris, pourriez-vous envisager un rapprochement avec cet opérateur ? Envisagez-vous de diversifier vos activités ?

A. L. : Comme on fait partie de la même maison on discute. Je n’ai pas de grande annonce à vous faire, mais oui c’est quelque chose qu’on étudie. Hors VTC et hors ce service-là, on observe tout ce qui se fait sur la mobilité mais on garde un focus important sur le VTC. On est en train d’entreprendre une démarche RSE afin d’ajouter prochainement une gamme « Green » à notre application (proposer un service de VTC en véhicule électrique, NDLR).

Dans la stratégie de croissance, et pour parler d’une diversification plus géographique, on vise la banlieue. C’est un terrain vers lequel on se dirige depuis notre changement de nom et la baisse du prix minimum d’une course à 6 euros, que ce soit au départ de Paris intra-muros ou de la banlieue. On a débuté un « plan banlieue » à Versailles (fin juin 2019, NDLR) et on va faire en sorte que le service progresse de plus en plus car il y a un vivier très intéressant et un réel besoin en banlieue.

Vous semblez aller sur le marché de Heetch… Comment se différencier ?

A. L. : Dans notre application, on a déjà des services assez différenciants, mais pas que par rapport à Heetch, par rapport aux autres applications de VTC. On est les seuls à proposer un service de réservation à l’avance fiable sur lequel on s’engage et qui annonce des prix fixes qui ne bougent pas. On est les seuls à proposer un programme de fidélité : dès la première course, vous cumulez des points qui permettent d’avoir des courses gratuites. Enfin, la qualité de service est très importante pour nous.

Comment voyez-vous le futur au sein de la division Free Now formée par BMW et Daimler ? Des rapprochements sont-ils à prévoir avec d’autres acteurs ?

A. L. : Pour l’instant, on nous donne les moyens d’avancer. Ce qui est intéressant dans cet écosystème, c’est qu’il regroupe plusieurs entreprises qui sont sur des segments différents : Kapten sur le VTC, MyTaxi sur le taxi, Hive sur la trottinette, Beat sur le car sharing… On avance chacun sur nos segments respectifs avec comme objectif de faire de la croissance.

Est-ce-que toutes ces entreprises vont « merger » à l’avenir ? Cela parait intéressant et il est évident que la question va se poser un jour mais ce n’est absolument pas à l’ordre du jour. Il y a un choix à faire entre est-ce-que l’on veut que chacune des verticales avance et grossisse ou est-ce que l’on veut consolider plus rapidement cet écosystème mais au risque de limiter la croissance ? Pour l’instant on se concentre sur la croissance.
 

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